Le journal de 5h12

Lundi 23 juin 2008

GrandVille (nouvelle)

Classé dans : JOURNAL, NOUVELLES — ange7 @ 5:12

 

©Ange7

 

GRANDVILLE

 

Pour la dixième fois en quelques minutes, Kim jeta un regard affolé à sa montre. Elle indiquait toujours une heure du matin, le chiffre suivant, qui avait peu d’importance, avait à peine varié. Intérieurement, il soupira. Il savait que sa femme, à la maison, ne dormait pas, qu’elle l’attendait de pied ferme, qu’elle préparait déjà –les écrivait-elle avant de les apprendre ?- des torrents de reproches émaillés d’injures bien senties.
Tandis que ces pensées roulaient derrière son front, il aperçut dans son champ de vision un verre vide qui se rapprochait. Son supérieur allait lui servir à boire ! Kim saisit le verre à deux mains, respectueusement, et le tendit pour que son chef le remplisse, baissant la tête et remerciant. Quand le petit verre fut plein jusqu’au col de soju, cet alcool traître qui mangeait ses soirées et mettait en péril son couple, Kim, d’un trait, le vida et remercia encore son supérieur.
Il aurait aimé être en mesure de refuser ces sorties de groupe où tout le bureau devait suivre le bon chef, jusqu’à ce que ce dernier décide qu’il avait eu son content et que chacun pouvait rentrer chez soi. Il aurait aimé mais il n’en était pas question. Il avait travaillé dur pour intégrer cette équipe dont il pouvait se targuer à présent d’être le numéro quatre. M. Han, le numéro trois n’était plus tout jeune et il semblait probable qu’il arrêterait de travailler avant un quelconque remaniement. Cela le mettrait, lui, en troisième position. Plus de travail, de temps et encore des dizaines de soirées comme celle-ci feraient le reste : il pouvait un jour espérer être le sous directeur de la branche de Socheo de ce bureau.
Il sentit que cette pensée le grisait mais réalisa bien vite que cet effet résultait sans doute plutôt des verres ingérés. Toujours une heure mais plus près de deux.
Soudain, au milieu d’une phrase, le supérieur se leva. Il chancela, on crut un instant qu’il allait s’écrouler sur la table recouverte des restes d’un barbecue de viande, mais il reprit son équilibre à la façon d’un chat et se dirigea tant bien que mal vers la caisse.
C’était le signal tant attendu. Chacun saisit ses affaires, manteau, écharpe, parapluie, et le téléphone portable qui était posé sur la table. Les sept employés présents faisaient ces mêmes gestes, dans le même ordre et à la même allure.
Le chef avait réglé l’addition –faisait-il passer toutes ces notes en frais ou bien était-il si généreux ?- et le petit groupe sortit sur le trottoir à la recherche d’une série de taxis.
Le premier, un modèle luxe mobom, fut réservé au chef à qui chacun souhaita une bonne nuit –et à demain- et réitéra ses remerciements. Il ne répondit que d’un grognement, il en tenait une bonne.
La hiérarchie s’appliqua parfaitement, le second fut suivit de M. Han et Kim partit en quatrième.
Au taxi qui lui demandait vers où ?, il mit un instant à répondre –avait-il bu tant que cela ?- ses pensées étaient comme noyées dans le soju et troubles. L’adresse lui revint pourtant et il la souffla dans une haleine lourde, pangbae 4 grand ville, et s’endormit.
Le chauffeur l’éveilla quelques minutes plus tard, arrivé à destination. Kim sortit du taxi et contempla la résidence Grandville, dix sept immeubles identiques agencés en quinconces, chacun de vingt-trois étages, quatre appartements par étage. Le temps qu’il se fasse cette réflexion, deux autres taxis s’étaient arrêté tout près et des employés de bureau qui lui ressemblaient étrangement en sortirent et se dirigèrent à pas mécaniques vers leurs appartements respectifs. Kim les imita.
A la sortie de l’ascenseur, il se dirigea droit sur la porte et composa le code qui tenait lieu de clef. Erreur. Il essaya de nouveau. Erreur. Ce n’était pas la première fois que ce désagrément se produisait. Il avait déménagé cinq fois en quatre ans, toujours dans des immeubles différents et il lui arrivait parfois de confondre l’ancien code avec le nouveau voire de commander une pizza par téléphone en donnant l’ancienne adresse au livreur. Il se ressaisit et essaya 1-1-1-1, des fois que. Ding.
La porte s’ouvrit et il entra à tâtons. Il remarqua tout de suite qu’aucune lumière n’était allumée –dormait-elle ?- et profitant de la chance, il se laissa glisser sur le canapé qui faisait face dans le salon à la télévision. Le sommeil le prit très vite.

Son téléphone vibra dans sa poche à 6 heures précises. Kim ouvrit les yeux sur un monde flou. Sa cervelle était une bouillie inefficace et il se dépêcha de faire, comme un robot, toutes ses ablutions du matin. Quand il pénétra dans la chambre, il trouva le lit fait et inoccupé. Sa première pensée fut un regret d’avoir dormi dans le canapé mais le sentiment que quelque chose clochait émergea cependant bientôt des brumes alcoolisées du matin. Où était-elle ? Tout en réfléchissant, très lentement, il saisit un costume propre dans l’armoire, près du lit, et une chemise blanche, dans la penderie, des sous-vêtements, troisième tiroir, et il se glissa sous une douche qu’il espérait réparatrice. L’eau fraîche qu’il fit couler sur son visage et son corps le piqua comme des millions d’aiguilles.
Une fois habillé, il sortit un peu de riz de l’autocuiseur et ouvrit le frigidaire. Il était inhabituellement vide mais il trouva cependant un kimpap tout roulé et se l’octroya en guise de petit déjeuner. Il fallait filer au bureau à présent.

La journée se passa très banale et maussade pleine de la rengaine épuisante de l’habitude. Tout le jour, pourtant, quelque chose le gêna aux entournures sans qu’il pût exactement déterminer quoi.
L’heure sonnée, comme il s’apprêtait à fuir toute société et rentrer chez lui, le bon chef le happa. Pas question de partir maintenant, il avait à leur parler, des consignes de la direction, des remodelages importants… Tout ceci, bien sûr devait se faire devant de la viande qui grille et plusieurs cadavres de bouteilles de soju. Résigné, Kim suivit le groupe qui se rendit, exactement comme la veille, dans le restaurant usuel où chacun, par la force du mimétisme s’assit à sa place habituelle.
En fait de nouvelle, il sembla que le chef avait surtout envie de picoler. Sa femme était en province dans sa famille et il comptait arroser cela dignement. Personne n’eut le courage de tenter une remarque et chacun, se faisant une raison, prit son parti de la situation.
Kim se dit à ce moment qu’il serait bon de prévenir sa femme mais il eut beau chercher dans toutes ses poches, pas de trace de son portable. Il renonça assez facilement à ce projet tandis qu’on lui servait, à nouveau, à boire.
Face à la port,e marquée d’un large « B » ocre, Kim n’hésita pas et composa le 1-1-1-1 avec un doigt impérieux. Le ding qui l’accueillit fut reçu avec un sourire de triomphe. La victoire de l’homme, même fortement alcoolisé, sur la vie urbaine moderne.
Dans l’appartement, toujours pas de lumière. Cela l’inquiéta cette fois car il s’était préparé dans le trajet en taxi à la dispute cinglante qui l’attendait et il se sentait un peu déçu et frustré de ne pas l’avoir. Il alluma tout sur son passage et ouvrit en grand la porte de la chambre. Le lit était toujours fait et toujours désert, comme il l’avait laissé le matin. Kim ouvrit alors les placards de sa femme : vides. Enfin, des serviettes de toilette, un peu de linge, mais aucun de ses habits. Idem à la salle de bain : sa partie du placard à gauche du grand miroir était complètement déserte. Il comprenait à présent.
Il se rua d’abord sur le téléphone pour hurler, ou implorer, pour demander le pourquoi… Mais il connaîssait bien la raison et il ne voulait pas argumenter sur ses torts. Il reposa le combiné et se persuada qu’elle appellerait, qu’elle se rendait vite compte de son erreur et reviendrait. Il pourrait alors faire peser la faute sur ses frêles épaules et lui reprocher, des années durant, cette petite fuite. Non, il ne téléphonerait pas. Il se déshabilla, se glissa dans le lit froid et sombra dans le sommeil.
Son supérieur était déchaîné et ce soir, pour la cinquième nuit consécutive il avait, par la force de son pouvoir hiérarchique, traîné tout le bureau avec lui dans un norebang pour chanter et boire. Le norebang était bien pire que le restaurant. Chacun y allait de son air, certain avec talent d’autre horriblement faux et la bière qu’on y avalait n’entamait que très lentement le chef qui pouvait ainsi, parfois, tenir jusqu’à l’aube.
Vers trois heures du matin, tout de même, il montra des signes de fatigue – il s’endormit sur les cuisses grasses d’une hôtesse- et on le mit dans un taxi. Chacun était heureux de rentrer chez soi, sauf Kim qui redoutait la maison morte.
Depuis que sa femme n’y était plus, tout dans l’appartement lui semblait étranger. Chaque chose était bien à sa place, chaque fauteuil, la table basse, et toute la cuisine équipée mais il se sentait comme un organe dont la greffe ne prend pas, rejeté. C’était, pensa-t-il, décidément sa maison à elle, il n’y vivait, quelques heures par jour, que comme un être de passage.
Les soirées arrosées de son supérieur ne lui laissaient heureusement que très peu de temps pour penser le soir et son travail l’accaparait tout le jour. Et surtout, il se refusait à une introspection dont il savait qu’elle dévoilerait le manque et l’absence et le ramènerait immanquablement à sa responsabilité. Encore une fois, il se laissa tomber dans le lit double, et toutes ses pensées s’obscurcirent immédiatement.

©Ange7

C’est le lendemain matin, devant l’immeuble, en pantoufle et pyjama, qu’il vit sa femme, qui venait visiblement de descendre les poubelles. Sur le coup, il crut à un mirage, les matins post beuverie n’étaient pas exactement de grands moments de clairvoyance. Mais non, c’était elle. Et elle semblait aussi étonnée que lui. Elle allait se mettre à crier, il le lut dans son regard, mais au lieu de cela elle se jeta sur lui et le serra tendrement. Où étais-tu ? Où étais-tu donc, se mit-elle à sangloter. Il resta interdit, entendant ses paroles mais n’en saisissant pas le sens. Alors elle le prit par la main et lui fit faire demi-tour, rentrer avec elle dans l’immeuble.
Il se laissa faire et la suivit, hypnotisé par la situation qui demeurait impénétrable.
Il entrèrent dans l’ascenseur, elle était belle, sans maquillage,avec ses yeux désespérés et reconnaissants, il la fixa dans le miroir et soudain il comprit.
A la seconde où, du bout du doigt, elle appuya sur le bouton de l’étage, il comprit.
Elle avait pressé le 21 et le chiffre s’était illuminé de rouge, l’ascenseur avait fermé ses portes et commençait à monter.
Il comprit qu’il habitait depuis quatre jours dans l’appartement « B » de l’étage 11, qu’il avait confondu avec son ancienne adresse et que cette erreur inconsciemment s’était imposée et répétée. Et soudain, réalisant à quel point son costume, son appartement, et sa vie même pouvaient être semblables à ceux d’un autre, il se sentit défaillir, aspiré dans un tourbillon d’éternelle uniformité.
Sa femme le retint et souffla avec douceur :
- « Tu trembles, tu n’as rien dans le ventre, je parie. Heureusement, j’ai du riz prêt dans l’autocuiseur ».

 

Photos Ange7, Séoul 2008.

 

Dimanche 22 juin 2008

la Mare si la Soare

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Avec une petite semaine d’avance, je mets le blog en mode “vacances d’été”.
Cela signifiera des posts hebdomadaires -ou plus fréquents, si l’inspiration vient !

Bel été à toutes et à tous.

En attendant la rentrée, vous pouvez lire un texte au hasard.

Samedi 21 juin 2008

Zim Boum

Classé dans : JOURNAL, VIDEOS — ange7 @ 5:12

C’est fête, ce samedi, à tel point que la vidéo du dimanche est en avance, dites !

Je ne sais pas trop s’il est très connu, ce Dahlia, mais j’aime bien sa voix et l’ambiance musicale.
Le clip s’intitule “À contre courant“.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : De la légèreté
L’esquisse                   de    sourire                     que    plissait       ses    yeux
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Vendredi 20 juin 2008

La noyade

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Alexis dans ses réfléxions
Se penchant trop sur la question
Finit un jour par basculer :
Il se plongea dans ses pensées.

Hélas son cœur était si lourd,
Qu’il l’entraîna droit par le fond
Et il se noya par amour,
Avec ses souvenirs de plomb.

Illustration Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Approchez Mesdames
Le camelot de Cavanna / N’y allait pas / Par quatre chemins. /
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Jeudi 19 juin 2008

Orientation

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Va, mon fils : prends ton chemin.
Aucune direction n’est marquée à l’avance,
Rien n’est écrit dans la pierre.
Tu es libre de tes angles brusques,
Comme de tes retours en arrière.
Va, erre, et trace ta ligne unique
Que personne, jamais, ne t’aura dictée.
Prends ton chemin et suis-le,
Au bout t’attend ta liberté.

Photo Ange7, Muuido 2008.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Atomes crochus
Ce matin, drôle de climat, / Le ciel est d’un vert éclatant. / On voit depuis Hiroshima /
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Mercredi 18 juin 2008

Moussons !

Classé dans : CHANSONS, JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

La pluie d’été qui tombe à verse
et sur nos paletots renverse
à plein fouet ses grands seaux d’eau
me trempe les os et la peau.

Mon âme pleureuse et poreuse
s’imbibe de même façon
au jardin rose des saisons
l’ondée arrose le gazon.

Mais à tant couler en rivière
elle couvre bientôt la terre
des chemins et les ponts de pierres
Elle monte sans rémission

Quand elle aura redescendu
On trouvera raide étendu
le jardinier mort d’avoir bu
toutes les larmes du flacon.

Photo et retouches Ange7, Séoul 2008.

Mardi 17 juin 2008

Oh so sweet

Classé dans : JOURNAL — 5h12 @ 5:12

©Ange7

le marchand de douceurs
ne fait plus de crédit
ne fait plus de cadeaux
aux enfants de la rue
fini le coeur en sucre
il a la main en bois
il crie et il aboie
quand les chausses trouées
passent un peu trop près

Photo Ange7, Séoul 2008

Lundi 16 juin 2008

Delicatessen

Classé dans : JOURNAL, Le LIEN du Lundi — ange7 @ 5:12

Un photographe belge et bien barré, ce lundi, Koen DEMUYNCK.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Tournevrille
J’ai aux globules occulaires / Une douleur vers l’arrière / Qui me devient habituelle…
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Dimanche 15 juin 2008

Faites passer…

Classé dans : JOURNAL, VIDEOS — ange7 @ 5:12

Voisinage, un film de Pacôme Gabrillagues.
Chapeau bas pour le montage !

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Souviens-toi, prodigue !
Harpagon, mon ami, J’entends à peine le pied posé en ville mille quolibets qui courrent sur toi.
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Samedi 14 juin 2008

Bilan positif

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Vendredi 13, coup de bol, pas une tuile. Le sol ne s’est pas couvert d’huile sous mes pas. On ne m’a pas poussé à bas, ni battu, ni tendu un quelconque stratagème. Indemne, je suis sorti de la journée, entier. Rassuré même, le ciel ne m’en veut plus,  peut-être. Il ne prend plus à la lettre mon blasphème permanent. Il y a beau temps, je crois, qu’on ne se soucie plus du moi, la-haut. Si je suis hors du troupeau, on me laisse paître en paix… Va bene.

Photo Ange7, Icheon 2008.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : 1 099 511 627 776
Téra-monde, charmant village, / où l’unité est le million / de million.
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Vendredi 13 juin 2008

La carpe

Classé dans : CHANSONS, JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Je me souviens comme on attend,
Dans son silence, l’amie carpe.
Elle passe au fond de l’étang,
Ombre qui s’approche et s’écarte.

Je me souviens qu’au pain mouillé,
Bien des matins on l’habitue,
Au point du jour à festoyer,
De trois poignées d’appâts moulus.

Puis au jour dit, la longue canne
Sort de l’étui, déploie son cou,
Déroule son filin diaphane,
Et le crochet noué au bout.

Commence alors un jeu de glaces,
Le ciel bleuté, les arbres verts,
De sa pacifique surface
L’étang peint le monde à l’envers

Le duel dure des semaines,
La ligne rompt souventes fois.
Et chaque matin le ramène,
Comme chaque nuit le renvoie.

Mais un jour pourtant on la sort :
La carpe pend hameçonnée,
Peut-être lassée de son sort
Ou bien s’estimant méritée.

Je me souviens du sentiment,
Du souhait de la relâcher
Pour reprendre indéfiniment
Le pas de deux de ce ballet.

L’habitude nous garde ainsi
Dans un confort de coton blanc
Où l’on demeurerait bien si
La vie était comme l’étang.

Photo Ange7, Philippines 2008.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : La judicature
Alcade, ce matin, on desserre tes liens. / Et sitôt libérées,
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Jeudi 12 juin 2008

Attention, moteur… ça tourne !

Classé dans : ABCDaire, JOURNAL — ange7 @ 5:12

Voici que me reviennent ces voyages en virevoltes,
ces visions d’avion vrillant à pleine vitesse vers le plancher des vaches,
ces va et vient ravivés, ces variations vrombissantes,
ces visites sans visa d’invités non voulus, ces vestiges d’overdose…
Ces voléees de bois vert qui violentent le cerveau :
mes vertiges.

Illustration DR.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Recycler (in version 1/ version 2)
Quand les os se sont rattachés, ont colmaté les brêches, que les muscles déchirés
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Mercredi 11 juin 2008

Acta est fabula !

Classé dans : JOURNAL, NOTES pour plus tard — ange7 @ 5:12

©Ange7

Notes pour plus tard :
Après le dernier tour de manivelle, les bras qui tenaient les réflecteurs se baissent enfin dans un soupir de fatigue. On éteint les lourds projecteurs qui devaient faire croire à la lumière naturelle du jour. La caméra a fini de tourner et elle est vide de vie. Les images qu’elle contient ne sont plus que reflets de l’imitation de la réalité, un spectacle, une comédie. Les acteurs semblent se réveiller d’un songe éprouvant et leurs sourires retombent, comme anéantis. Sur le plateau, un voile de deuil est tombé dans un épais parfum d’amertume. Sans énergie, les mains claquent entre elles pour signifier que le travail est terminé mais l’applaudissement qui retentit est si mal joué que personne n’y croit vraiment.

Photo DR, retouches Ange7.

Mardi 10 juin 2008

Roulez jeunesse !

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

A peine la pluie fait mine de ralentir que les jeux reprennent.
La route cimentée est l’univers tout entier.
La roue y réinvente, chaque jour, ses tours.
Et on court après.
Comme si on pouvait jamais la rattraper.

Photo Ange7, Philippines 2008.

Lundi 9 juin 2008

What you see is (not quite) what you get

Classé dans : JOURNAL, Le LIEN du Lundi — ange7 @ 5:12

Ads versus Reality Project

Bon appétit, ce lundi.
Voici un site qui se propose de comparer les photos des hamburgers avec la réalité de ce qui est servi.
Dont Acte.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Au suivant
L’air de rien sous son chapeau, / Gris et terne dans son manteau, / Le resquilleur passe à l’assaut. / …
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Dimanche 8 juin 2008

Samantha, va vite chercher du secours !

Classé dans : JOURNAL, VIDEOS — ange7 @ 5:12

Un film d’horreur de bonbons, dans la série ” Avez-vous déjà vu ? ” produite par Alain Chabat.
42 secondes qui fondent sur la langue.
Bon dimanche aux tagadas.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Café qu’on sert
Un proverbe turc, que je viens d’inventer, dit en traduction littérale
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Samedi 7 juin 2008

Samedi en crayonné

Classé dans : AUDIO, JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Nouveaux audios :

* Au feutre et à la craie *

La leçon de dessin

-Le compte est bon. -Pas mieux. -???

Illustration Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Anouilh au beurre
Antigone, Antigone ! Le choeur a fini son speech. Il n’a pas changé une ligne…
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Vendredi 6 juin 2008

Dernière ligne droite (fort encombrée)

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12
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©Ange7

La fatigue monte en friche, en touffes épaisses d’herbes mauvaises qui envahissent le champ du possible et réduisent l’amplitude des mouvements. Il faut la piétiner, la couper la réduire, s’y frayer un passage à coup de tasses serrées de café fort, à coups de pied de l’âne à l’âme, avancer, la détruire, avec la volonté d’atteindre la limite : une ligne, là-bas, fixée.

Montage Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : La leçon de dessin
Pour dessiner un sous-marin, / Il faut des feutres bien étanches. /
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Jeudi 5 juin 2008

Bruits de couloir

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12

©Ange7

Légère et longiligne, la fluette silhouette de la lingère s’aperçoit, quelquefois, qui passe les portes entr’ouvertes. Dans un souffle discret, un instant seulement, elle pose sur le lit les nouvelles serviettes, ramasse au carrelage de la salle de bains les anciennes -mouillées- et disparaît. On sait qu’elle est passé à ces indices de souris, mais pas de traces vraies, pas de message.
C’est troublant.
On peut rester des semaines sans jamais la croiser, jusqu’à douter de son existence même, jusqu’à prier, joignant les mains, qu’elle apparaisse enfin, douce fée de l’étage.

Photo DR, retouches Ange7.
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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Gracioso
Toujours sobre, le costume, mais l’écharpe, elle, comme un trait de crayon,
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Mercredi 4 juin 2008

Désacraliser

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12
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A ta couronne de lauriers,
je voudrais détacher,
ô Muse,
une feuille pour mon ragoût.

Illustration, “Terpsichore” in Antiquités d’Herculanum, gravure Th. Piroli.

Mardi 3 juin 2008

Revenir

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12
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Ange7

J’ai confié tout l’or de mes folles errances,
Ce qu’il restait de la vie d’un vil trafiqueur,
Au cygne qui glissait, son cou en demi-coeur,
Entre les joncs épars du lac des espérances.

Que cela ne te pèse, oiseau de tempérance,
J’ai tant fait de voyages, éclusé de liqueurs,
Abusé de délices et tant brisé mon coeur,
Qu’un anneau seul survit à mon itinérance.

Porte-le par-delà l’eau, à cette cabane.
Tu la connais : celle que les fleurs enrubannent,
Où une mère pleure une attente cruelle.

Vois, je n’ai plus la force d’y aller moi-même,
Mais cache que je meurs, garde cette nouvelle :
Rends-lui son anneau d’or, elle sait que je l’aime.

Photos DR, montage Ange7.

Lundi 2 juin 2008

Lundi (re) touch

Classé dans : JOURNAL, Le LIEN du Lundi — ange7 @ 5:12

Un site de pro de la retouche photo, ce lundi : Taylor James.
Ce sont des commandes, pour des marques commerciales, c’est vrai, mais quel beau boulot !
A voir en particulier les “comment-c’est-fait” (menu “retouching => “cases studies”).


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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Lettre de rémission
Je te pardonne. / Tu n’as pas vu comment le ciel a croulé au sol en décombres, /
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Dimanche 1 juin 2008

dimanc H e

Classé dans : JOURNAL, VIDEOS — ange7 @ 5:12

L’Homme du Monde, de Joseph Cahill, un court métrage qui explore l’univers du nouvel album éponyme d’Arthur H, qui sort demain.
Attention : ça dure 26mn, et c’est excellent.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Déploiement
S’étirer de tout du long pour toucher, du bout du bout des orteils, la mer, là-bas,
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Samedi 31 mai 2008

Rrh kff hrr ffk

Classé dans : JOURNAL — ange7 @ 5:12
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©Ange7

Le vent jaune d’or, hier encore, a fait des siennes. Particules minuscules qui se collent aux persiennes… tant qu’on est dedans.
Mais il faut bien sortir, et là, c’est à la gorge que ça prend, ça racle, le nez démange, ça dérange, et les yeux piquent et pleurent et colégramment: un drame.

Illustration : courbes de pollution, ville de Séoul.

Vendredi 30 mai 2008

Une chaise

Classé dans : JOURNAL — 5h12 @ 8:16
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©ange7

Tu vois, j’ai porté une chaise et tu pourras, si tu viens me voir, t’asseoir. Ce n’est pas une moderne de jardin, en plastique blanc, un peu souple, non, je l’ai prise de la cuisine. Elle est en bois d’un brun chataîgne, sans fioriture, tressée de paille jaune abeille. Il fait trop chaud sous le cagnard mais je l’ai mise sous le figuier. De là, tu sais, on sent toutes les fleurs du jardin. Tu t’y trouveras bien, si tu viens.

Illustration Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : De l’eau dans le jazz (avec audio)
De l’aut’ côté de la cloison, / Moi j’ai un voisin qui trompette / Je rêve de faire trempette
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